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Test DVD Flight Plan

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Zone 1

Nombre de disques :  1

Sortie : 24 janvier 2005

Support : DVD-9

Double couche

 

USA / 2005

Genre : Thriller / Durée : 1h38

Réalisateur(s) : Robert Schwentke
Editeur : Touchstone Home Entertainment
Avec : Jodie Foster, Peter Sarsgaard, Sean Bean
Format d'image : 2.35:1
   
Langues : Anglais DTS; Anglais Dolby Digital 5.1; Français Québecois Dolby Digital 5.1
Sous-titres : Anglais, Français, Espagnols

Suppléments : Commentaire audio de Robert Schwenke; Making-of : "The In-Flight Movie"; ". Cabin Pressure : Designing The Aalto E-474"; Bandes-annonces.
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Le Test
Test complet par la Rédaction, le jeudi 2 mars 2006 à 18:06

Critique Image & Son :

De jolies couleurs, des contrastes marqués avec des noirs un peu bouchés mais beaux et profonds, l'image DVD de Flight Plan est tout à fait convenable, souffrant peut-être du manque de précision dû à la une définition, beaucoup trop douce. La compression est acceptable mais le film affiche comme souvent de plans très moirés - pixels désagréables sur les fonds unis, dans les scènes situées dans l'appartement par exemple. Reste une image "tranchée" souvent belle mais qui manque cruellement de piqué. A noter la présence de sous-titres anglais sur l'image durant les scènes en Allemagne.



Quelques menus de Flight Plan...

Jolie piste DTS avec une très belle dynamique d'ensemble, qui va chercher aussi bien dans les aigus que dans les graves pour nous offrir un rendu agréable, puissant, enveloppant et immersif, où chaque bruitage, respiration ou dialogue trouve sa place. Il faut d'ailleurs souligner un mixage sonore exemplaire, délicat et subtil, même si, comme le film d'ailleurs, il a tendance à en faire un peu trop dans les scènes finales. Constat identique en ce qui concerne la piste 5.1, tout aussi efficace et harmonieuse. La piste 5.1 française (doublage québecois) est tout aussi recommandable, là encore avec une très bonne spatialisation qui aide à s'immerger dans l'espace confiné de ce géant des airs.

Suppléments :

Le DVD s'ouvre avec les bandes-annonces anglaise de trois films du studio, le drame républicain Annapolis avec James Franco (2'30) dont le trailer ne fait vraiment pas envie; Les Chroniques de Narnia (1'35) et enfin Proof (1'52) de John Madden, le réalisateur de Shaekespeare In Love qui retouve Gwyneth dans un drame familial qui fait peur.





Le making-of de Flight Plan

Une fois n'est pas coutume débutons par le documentaire The In-Flight Movie : The Making-of Flight Plan (38'31), collection de plusieurs featurettes qui constituent les chapitres de ce making-of assez convenu mais pas inintéressant qui revient sur les différentes étapes de conception du film. Du scénario, qui mettait originellement en scène un personnage masculin aux prises avec les pirates de l'air, au tournage proprement dit, le document couvre la majeure partie de la fabrication de Flight Plan qui, vu son sujet, a été plus que tout autre film très concerné par l'après 11 septembre. Disparu les vilains terroristes, place aux réécritures de scénario, à la suspicion, aux clichés anti-arabes et aux portes de cockpit blindées, autant d'éléments qui transformeront radicalement un script dont le producteur Brian Grazer et les scénaristes embauchés pour le réécrire ne conserveront finalement que la substantifique moëlle. Le making-of nous montre aussi le casting des différents acteurs, nous saupoudre quelques phrases laudatives et bien consensuelles sur le cinéaste Robert Schwentke - "il sait comment utiliser les images", encore heureux ! - le tout pimenté d'images du tournage, d'essais des comédiens, ou encore de l'enregistrement de la musique par James Horner. On n'échappe pas non plus aux effets spéciaux, explosions de maquettes et auto-congratulations d'une équipe de technicien qui se réjouit d'avoir fait mourir le méchant au ralenti dans des souffrances atroces (surréaliste) et d'avoir fait un bel avion rien qu'avec un modèle réduit. Le tout venant du making-of, pas détestable, mais loin de marquer les esprits.




Un avion fictif sous toutes les coutures...

Parce que l'équipe est super fière de son avion, elle va nous le présenter sous toutes les coutures dans Cabin Pressure : designing the Aalto E-474 (10'01), segment consacrée à la véritable star du film, l'engin volant imaginaire recréé sur les plateaux de tournage du studio. Outre un tout nouveau cockpit, l'unique version utilisée par toutes les productions hollywoodiennes depuis 15 ans ayant été détruit sur le tournage de Seul au monde (le film de Robert Zemeckis avec Tom Hanks en Robinson Crusoé, l'équipe de Flight Plan devra construire des pans entier du faux avions, en préparant bien en amont chaque plan du film, afin de ne pas se retrouver prisonnier d'un décor trop exigu ou gêné dans ses mouvements de caméra par une paroi mal placée. Un travail de préparation rigoureux, qui forcera les techniciens à se montrer imaginatif : rangées de hublots soulevables pour les plans latéraux des couloirs, dolly suspendue au-dessus des rangées pour les travellings, système de rails pour le travelling circulaire autour du personnage de Jodie Foster, etc. On apprécie en tout cas le souci du détail, qui pousse par exemple le chef décorateur à rendre chaque tiroir ou placard entièrement fonctionnel, ou l'équipe du film à emprunter un four de la NASA à 50.000 dollars.

Placé en bon dernier dans la section bonus, le commentaire audio de Robert Schwentke avait tout pour ennuyer copieusement - un film bateau (ou avion, pardon), production lisse, sujet sans fond - et pourtant, le cinéaste se révèle être un hôte agréable doté d'un très bon recul sur son "produit". Né à Stuttgart, Schwentke est l'auteur de deux petits films indépendants allemands, et Flight Plan est son premier film de studio. Son point de vue n'est donc pas encore tout à fait terni par des années de servilité et il porte sur l'oeuvre un regard certes impliqué, donc pas forcément à même de pointer les faiblesses du script et le grotesque de la seconde moitié du film, mais qui reste suffisamment lucide et compétent pour que l'on y prête attention, notamment quand il évoque l'utilisation délicate des tests screenings (ou sneak previews, projection du montage final à des spectateurs qui donnent leur avis sur le scénario, sa construction, les personnages, ou telle ou telle scène) ou la différence fondamentale entre les films européens et américains, avec dans ces derniers une mythologie du héros qui peut changer le monde bien différente de la nôtre. Schwentke aborde bien sûr sur les difficultés d'un script écrit avant les événements du 11 septembre, le climat particulier qui imprégnait le tournage, et les contingences techniques d'une telle entreprise. Le cinéaste nous parle de la délicate préparation du plan de travail, de son approche des comédiens, entre autres de la jeune Marlene Lawston qui, habituée à la télévision et donc au direct, ne comprenait pas au début qu'il faille répéter plusieurs fois les mêmes dialogues, et de tous les détails qui font le sel d'un tel tournage : filmage dans un ordre quasi-chronologique (en fait les scènes situées à l'étage inférieur ont été tournées d'un bloc, puis le décor a été transformé en étage supérieur pour le reste des plans), insertions numériques (même le petit coeur dessiné sur la vitre est faux), construction des scènes et montage (la scène finale dans le cockpit et ses variations, ou le dialogue avec la psychiatre)... Un commentaire intéressant qui remplit parfaitement sa fonction informative, quand bien même Schwentke, un peu à court aux 3/4 du film, verse parfois dans la paraphrase.

Critique artistique :

"Kyle Pratt affronte le pire cauchemar qui soit : sa fille de six ans, Julia, disparaît sans laisser de traces... alors qu'elles se trouvent à plus de 11 000 mètres d'altitude, dans un avion, entre Berlin et New York... Déjà ébranlée par la mort soudaine de son mari, Kyle lutte désespérément pour prouver à l'équipage et aux passagers, sceptiques, qu'elle est saine d'esprit, tout en finissant par se poser des questions..."

Imaginez : vous êtes tranquillement installé à bord de votre avion long courrier, votre gamin(e) assis(e) à côté de vous. L'avion prend l'air, l'hôtesse passe vous proposer ses cacahuètes dégeulasses et ses sandwiches au goût de frigo, quand soudain c'est le drame : votre môme n'est plus là. Pas de panique, vous dites-vous en votre fort intérieur, il n'a pas pu aller bien loin. Et pourtant, après avoir fouillé les moindres allées, regardé derrière chaque siège, dérangé 15 fois le voisin pénible dont les écouteurs font *tchick tchick* depuis le décollage, c'est la panique : l'enfant a bel et bien disparu. Voilà le pitch génial, au moins digne d'un thriller hitchcockien de la plus belle veine (comment ne pas penser à Lifeboat, suspense à bord d'un canot de sauvetage), imaginé par le scénariste de Flight Plan voilà bientôt 7 ans. Une idée toute bête qui provoque ce délicieux frisson de mystère que l'on ne trouve que dans les meilleurs films et romans policiers. Contrairement à l'énigme, qui fait appel aux ficelles de notre esprit de déduction rationnel, le mystère appelle toutes nos angoisses et nos hypothèses les plus farfelues ; Flight Plan et son décor clos était donc le terrain rêvé pour une divagation ludique et astucieuse, un véritable jeu du chat et de la souris mental. Hélas, comme bien souvent à Hollywood, même les meilleures idées ont leurs limites et le premier film américain de Robert Schwenkte de s'avérer, au final, aussi enthousiasmant - et grotesque - qu'un Turbulences II.


Le suspense monte graduellement, Jodie est parfaite, et puis arrivent les premiers écueils...

Malgré toute la bonne volonté de l'excellente Jodie Foster, qui donne une nouvelle fois toute la profondeur et la crédibilité nécessaire à son personnage, Flight Plan ne dépasse jamais le cadre du divertissement abordable, et ce en dépit d'une première demi-heure tout à fait réussie durant laquelle le réalisateur fait preuve d'une grande maîtrise sylistique. C'est d'autant plus rageant que Flight Plan débute comme un thriller plein de classe : calme, maîtrisé, composé avec soin. Le suspense monte graduellement, Jodie est parfaite, et puis arrivent les premiers écueils. Des seconds rôles trop vus (Sean Bean, prend des vacances s'il te plaît), des personnages sans la moindre consistance, un script qui tente de jouer habilement sur le climat du suspicion anti-arabes qui gangrène les Etats-Unis mais ne fait en fait que transformer maladroitement un cliché raciste en ressort de suspense éventé (on appréciera d'ailleurs que l'un des personnages accusé à tort par l'héroïne, conspué par plusieurs passagers, ramasse bien servilement le sac de notre Jodie à la fin du film sans même écoper d'une excuse ou d'un merci), Flight Plan est bourré de problème. Et s'il pouvait encore espérer faire illusion en variation à patte molle du bon vieux whodunit - qui est le coupable, ce mystérieux commandant de bord ou cette hôtesse antipathique ? -, le film s'écroule dans sa dernière demi-heure et se crashe sur la piste d'atterrissage. Déjà assez peu original en dépit de son concept, Flight Plan nous colle 30 minutes de fin abracadabrantesques, une course-poursuite téléphonée qui verse même dans le comique involontaire - ah, ce plan final du héros qui explose sur fond d'explosion en images de synthèse pourries, puisque la morale l'impose. La dépressurisation du scénario est totale, et la perte d'altitude fatale à l'attention du spectateur. Dommage, Schwentke filme parfois avec un sens de l'espace qui rappelle feu John McTiernan (il n'est mort qu'artistiquement, je vous rassure), et Jodie a décidément la classe même en mère antipathique et casse-bonbons qui dérange 400 passagers pour retrouver sa chieuse. Hélas, comme souvent, le scénario ne parvient pas à exploiter son ingénieuse idée de départ et se prend les pieds dans tous les pièges, les conventions, et les clichés du genre. Pas une totale catastrophe, juste le genre de produit dont Hollywood nous abreuve en masse chaque année : anonyme, sans couleurs et sans odeurs. Souhaitons bon vent aux futurs projets de Schwentke, qui semble capable de bien mieux que cela.


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  B-  
   
Qualité d'image : 10   Qualité sonore : ;18.jpg;14.jpg;10.jpg;08.jpg;   Suppléments : 8   Note artistique : 5

Une édition standard pour un film standard : tout va bien dans le grand équilibre karmique du monde. Qualité technique : RAS. Suppléments : RAS. Film : RAS non plus, dommage que cela commence comme un thriller sympa et stylé pour s'avachir dans le n'importe quoi passé les 12.000 pieds. Bref, à moins d'être extrêmement fan de Jodie, qui une fois encore donne son maximum pour le rôle, on peut passer son tour, ou, au pire, attendre le zone 2 qui arrive le 9 mai.

 
 
 
 


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